Entre le 20 décembre et le 5 janvier, une partie des entreprises d’Abidjan tourne au ralenti ou ferme complètement. Bureaux vides, entrepôts fermés, chantiers à l’arrêt, personnel en congé : pour ceux qui cherchent une occasion, c’est la meilleure période de l’année. Les statistiques des assureurs le confirment partout dans le monde : les cambriolages de locaux professionnels connaissent un pic pendant les fermetures prolongées, et les dégâts sont d’autant plus lourds qu’ils sont découverts tard.
Le problème n’est pas tant le risque lui-même que le délai. Une intrusion dans un entrepôt le 24 décembre au soir, découverte le 4 janvier, laisse dix jours à ses auteurs. Une fuite d’eau ou un départ de feu dans un local technique inoccupé n’est maîtrisé par personne.
La bonne nouvelle, c’est que l’essentiel se prépare en quelques heures, avant de partir. Voici la check-list que nous remettons à nos clients, en douze points, du plus simple au plus technique.
Avant de partir : les 6 vérifications de base
1. Faites le tour du site comme un intrus
Avant de fermer, sortez et regardez votre bâtiment depuis la rue, depuis le parking, depuis l’arrière. Où entreriez-vous ? Une fenêtre de sanitaires sans barreaux, une porte de service avec une serrure fatiguée, un mur bas près d’un local poubelle, un climatiseur qui sert d’escabeau, une trappe de toit. Les points d’entrée réels sont rarement la porte principale.
Notez ce que vous voyez. Ce qui peut être corrigé immédiatement (un cadenas, une barre de seuil) doit l’être ; le reste fera l’objet de la visite technique de janvier.
2. Rangez ce qui attire le regard
Un ordinateur portable visible à travers une vitrine, des cartons de marchandise empilés près de la porte, une caisse enregistreuse laissée en évidence, des clés de véhicule sur un tableau : autant d’invitations. Mettez les équipements de valeur dans un local fermé, hors de vue, et vidangez la caisse. Si vous avez un coffre, c’est le moment de s’en servir — et de vérifier qu’il est bien scellé.
3. Faites l’inventaire des clés et des badges
Qui possède une clé ou un badge de vos locaux ? Les salariés actuels, mais aussi d’anciens collaborateurs, le prestataire de nettoyage, un ancien gardien, l’agent immobilier ? Si vous ne pouvez pas répondre avec certitude, vous avez un problème de contrôle d’accès, pas seulement un problème de fin d’année.
À court terme : récupérez les clés inutiles, désactivez les badges des personnes qui n’ont aucune raison d’entrer pendant la fermeture, et consignez par écrit qui est autorisé. À moyen terme : un système de contrôle d’accès par badge règle la question définitivement, puisqu’un badge se désactive en un clic et laisse une trace de chaque passage.
4. Coupez ce qui doit l’être, laissez ce qui protège
Coupez l’eau des étages, les appareils non indispensables et les multiprises. En revanche, ne coupez jamais l’alimentation des systèmes de sécurité : alarme, caméras, enregistreur, box Internet, éclairage extérieur sur détecteur. Vérifiez que l’onduleur qui les protège est opérationnel : à Abidjan, une coupure d’électricité de quelques heures pendant la fermeture n’a rien d’improbable, et un enregistreur qui s’éteint n’enregistre plus rien.
5. Donnez l’impression que le site vit
Un éclairage extérieur sur détecteur de mouvement et quelques lampes intérieures sur programmateur, à horaires variables, suffisent à semer le doute. Si vous avez des stores ou des rideaux, ne les fermez pas tous : un bâtiment complètement aveugle signale son absence. Faites relever le courrier et enlever les prospectus devant la porte.
6. Organisez la chaîne d’alerte
La question clé : si quelque chose se passe le 27 décembre à 3 h du matin, qui est prévenu, et qui se déplace ?
Désignez deux personnes joignables (pas une seule, qui peut être injoignable), notez leurs numéros, prévenez votre société de gardiennage ou de télésurveillance de la période de fermeture et des contacts. Si vous avez un gardien sur place, assurez-vous qu’il dispose d’un moyen de vous joindre, d’un éclairage et de consignes claires : à qui ouvrir, à qui ne pas ouvrir, que faire en cas d’intrusion.
Les 6 points techniques qui font la différence
7. Testez l’alarme, réellement
Beaucoup d’alarmes d’entreprise sont armées chaque soir sans que personne n’ait vérifié depuis des mois qu’elles fonctionnent. Avant la fermeture :
- déclenchez volontairement un détecteur en mode test et vérifiez que la centrale réagit, que la sirène sonne et que la notification arrive bien sur les téléphones prévus ;
- vérifiez la batterie de secours de la centrale (autonomie annoncée en cas de coupure) ; une batterie de plus de trois ans est à remplacer ;
- contrôlez le transmetteur : la centrale envoie-t-elle ses alertes par Internet, par carte SIM, ou les deux ? Une box Internet qui tombe en panne pendant la fermeture ne doit pas rendre l’alarme muette ;
- assurez-vous que toutes les zones sont bien couvertes : il n’est pas rare qu’un détecteur soit « exclu » depuis un faux déclenchement et jamais réactivé.
Si vous n’avez pas d’alarme, ou une alarme qui ne prévient personne, c’est le premier investissement à prévoir : une centrale récente avec détecteurs, sirène et notification sur smartphone s’installe en une journée.
8. Vérifiez vos caméras et surtout l’enregistrement
Les caméras donnent un faux sentiment de sécurité quand personne ne vérifie qu’elles enregistrent. Avant de partir :
- ouvrez l’application ou le logiciel et vérifiez que chaque caméra affiche une image nette, de jour et de nuit (faites le test après la tombée du jour) ;
- consultez l’enregistrement de la veille sur chaque caméra pour vous assurer que l’enregistrement fonctionne et que le disque n’est pas en erreur ;
- vérifiez la durée d’historique disponible : si le disque n’a que cinq jours de capacité, une intrusion le premier jour de fermeture aura disparu à votre retour ; réduisez si besoin la qualité d’enregistrement en continu et activez l’enregistrement sur détection pour tenir toute la période ;
- nettoyez les optiques extérieures : poussière et traces de pluie dégradent fortement l’image nocturne.
9. Activez les alertes intelligentes
Les systèmes récents permettent d’aller plus loin que l’enregistrement passif. Pendant une fermeture, deux fonctions valent de l’or :
- la détection de personne dans une zone sur les caméras extérieures et dans les locaux sensibles, avec notification immédiate ; les algorithmes actuels ignorent les chats, les branches et la pluie ;
- la levée de doute vidéo : lorsque l’alarme se déclenche, la séquence de la caméra concernée vous est envoyée automatiquement ; en dix secondes, vous savez s’il s’agit d’une intrusion réelle ou d’un faux déclenchement, et vous pouvez agir en conséquence (appeler le gardien, la police, ou simplement désarmer).
Si votre alarme et vos caméras sont installées séparément et ne se parlent pas, cette liaison peut souvent être ajoutée sans tout remplacer. C’est l’un des travaux d’intégration les plus demandés.
10. Mettez en place une vraie supervision à distance
Pouvoir vérifier ses locaux depuis son téléphone, où que l’on soit — à Abidjan, à Bouaké ou à l’étranger — change tout. Avant de partir, assurez-vous que :
- l’application est installée et fonctionnelle sur les téléphones des deux personnes de la chaîne d’alerte, avec les bons droits ;
- les notifications sont autorisées et testées (beaucoup de systèmes d’exploitation les désactivent silencieusement) ;
- vous pouvez armer et désarmer l’alarme à distance, pour laisser entrer un technicien ou un gardien sans vous déplacer ;
- l’accès distant est sécurisé : mots de passe personnels, pas d’identifiants partagés, pas de caméra exposée directement sur Internet. (Voir notre article sur la cybersécurité des caméras.)
Si vous n’avez pas de supervision à distance, le gardien reste votre seul capteur. C’est insuffisant.
11. Sécurisez les accès véhicules et les portails
Les portails motorisés et barrières sont souvent oubliés : télécommande laissée dans un véhicule de service, code jamais changé, motorisation en mode manuel. Avant la fermeture :
- récupérez les télécommandes non indispensables ou désactivez-les dans le récepteur ;
- changez le code du clavier s’il n’a pas été modifié depuis plus d’un an ;
- vérifiez que la motorisation se verrouille bien en position fermée et que le déverrouillage manuel de secours est sous clé ;
- si votre portail est relié au contrôle d’accès, restreignez les droits d’accès véhicules à la liste de la période.
12. Pensez aux risques autres que l’intrusion
Un local vide ne craint pas que les cambrioleurs. Des détecteurs connectés à votre alarme peuvent surveiller :
- le départ de feu (détecteurs de fumée et de chaleur dans les locaux techniques et les stocks) ;
- la fuite d’eau (détecteurs au sol près des sanitaires, de la climatisation, des locaux serveurs) ;
- la coupure de courant prolongée et la température d’un local serveur ou d’une chambre froide ;
- l’ouverture d’une porte ou d’une armoire sensible.
Chacun de ces détecteurs coûte peu et s’ajoute à une centrale existante compatible. Les dégâts qu’ils évitent dépassent souvent ceux d’un vol.
La check-list en un coup d’œil
| # | Point | Fait |
|---|---|---|
| 1 | Tour du site « comme un intrus », points faibles notés | ☐ |
| 2 | Objets de valeur hors de vue, caisse vidée | ☐ |
| 3 | Inventaire des clés / badges, désactivation des accès inutiles | ☐ |
| 4 | Eau et appareils coupés, systèmes de sécurité et onduleur maintenus | ☐ |
| 5 | Éclairage sur détecteur / programmateur, courrier relevé | ☐ |
| 6 | Deux contacts d’alerte désignés, gardien et télésurveillance prévenus | ☐ |
| 7 | Alarme testée (détecteurs, sirène, notification, batterie, transmetteur) | ☐ |
| 8 | Caméras vérifiées jour et nuit, enregistrement et historique contrôlés | ☐ |
| 9 | Détection de personne et levée de doute vidéo activées | ☐ |
| 10 | Application de supervision testée sur deux téléphones, notifications actives | ☐ |
| 11 | Télécommandes récupérées, code du portail changé, verrouillage vérifié | ☐ |
| 12 | Détecteurs incendie, fuite d’eau, coupure et température en place | ☐ |
Et au retour ?
Le premier jour de reprise, avant de rouvrir au public : faites un nouveau tour du site, consultez le journal des événements de l’alarme et du contrôle d’accès, parcourez rapidement les enregistrements des zones sensibles, et notez tout ce qui vous a manqué pendant la fermeture. Cette liste est le point de départ idéal pour la visite technique de janvier.
Questions fréquentes
Je n’ai ni alarme ni caméras : que puis-je faire en une semaine ?
Beaucoup. Une centrale d’alarme sans fil avec quelques détecteurs, une sirène et la notification sur smartphone s’installe en une journée, sans travaux lourds. Deux ou trois caméras sur les accès principaux avec enregistrement et application s’ajoutent dans le même temps. Contactez-nous rapidement : les plannings de décembre se remplissent vite.
Mon gardien suffit-il ?
Un gardien est précieux, mais il dort, il fait sa ronde, il peut être menacé ou complice. Alarme, caméras et supervision à distance ne le remplacent pas : elles le protègent et vous donnent un second regard indépendant.
La télésurveillance par une société spécialisée est-elle nécessaire ?
Elle est utile pour les sites à forte valeur ou sans personne joignable. Pour beaucoup de PME, une supervision à distance bien configurée, avec levée de doute vidéo et deux contacts réactifs, offre déjà un niveau de protection élevé. Nous vous aidons à choisir selon votre situation.
Pouvez-vous intervenir pendant les fêtes ?
Nos équipes restent joignables pour les urgences de nos clients sous contrat de maintenance pendant toute la période. Pour les nouvelles installations, planifiez avant le 15 décembre.
Vous partez l’esprit tranquille ? Téléchargez la check-list au format PDF et, si un point vous inquiète, demandez une visite technique gratuite : nos techniciens vérifient votre alarme, vos caméras et vos accès avant la fermeture.
[Télécharger la check-list PDF] · [Demander une visite technique →] (lien : /contact) · WhatsApp : +225 05 55 91 17 70

